C’est l’histoire d’un feuilleton politico-financier qui ne finit jamais. Avec la décision, prise hier par la Cour de justice de la République, de lancer une enquête sur Christine Lagarde pour «complicité de faux» et «complicité de détournement de biens publics», l’affaire de la vente d’Adidas au Crédit lyonnais par Bernard Tapie, datant de 1992, risque d’occuper l’actualité judiciaire encore de nombreuses années. Retour sur cette affaire hors norme.
Les origines de l’affaire
Tout commence en 1992, quand Bernard Tapie, qui rêve d’une carrière politique, entre au gouvernement. A la demande du Premier ministre, Pierre Bérégovoy, il cède l’essentiel de ses entreprises. Adidas, qu’il vient de racheter, est ainsi vendu, grâce à l’entregent de sa banque, le Crédit lyonnais. Tapie est alors ravi d’en tirer un bon prix, car l’entreprise est en difficulté. Mais, quelques années plus tard, il découvre qu’il s’est fait avoir. En utilisant des sociétés offshore, le Crédit lyonnais a en fait racheté l’équipementier sportif, avant de le revendre, une fois l’entreprise redressée, à Robert Louis-Dreyfus, touchant au passage une plus-value de plus d’un milliard de francs. Tapie, qui a été mis en faillite en 1994 par Jean Peyrelevade, le nouveau PDG du Lyonnais, crie au scandale. La bataille judiciaire peut désormais s’engager.
La guerre judiciaire
Pendant dix ans, les procédures vont se multiplier. Le Lyonnais attaque Tapie pour «banqueroute frauduleuse». L’homme




