Depuis la prise en otage, en 1975, des ministres du Pétrole de l'Opep à Vienne, en Autriche, le chef du commando, Carlos, qui portait beau avec son béret basque à la Che Guevara, a perdu de sa superbe. C'est un homme âgé de 62 ans, au front dégarni et à la barbe blanche, vêtu d'un blouson de toile marine et d'un large jean sur un embonpoint marqué, qui a fait son entrée, hier à 10 h 15, dans le box des accusés de la cour d'assises spéciale de Paris, un Journal du dimanche plié sous le bras. Il s'est assis sur une chaise que le président Olivier Leurent lui a fait installer «en raison de problèmes dorsaux».
«En faillite». Son avocate et épouse, Isabelle Coutant-Peyre, se plaint de l'administration pénitentiaire qui a «refusé de lui donner sa veste, son foulard, et son coupe-ongles». Ilich Ramírez Sánchez décline volontiers son état civil, de son accent à couper au couteau : «Je suis né le 12 octobre 1949 à Caracas au Venezuela.» Il précise que son prénom est «russe», comme Lénine, héritage de son père, avocat marxiste. Il dit aussi : «Je suis révolutionnaire de profession.» Il ajoute que ça ne rapporte pas. «Mes moyens sont à zéro car mon argent est détourné par des fonctionnaires vénézuéliens.» Le président objecte que six avocats se massent sur le banc de la défense. «Cela fait plus de quatorze ans que je ne suis pas payée», argue Me Coutant-Peyre, pour qui «c'est un honne




