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Alain Orsoni, Corse accort

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Revenu au village, cet ancien chef «natio» s’occupe de foot, plaide l’apaisement et nie tout retour aux affaires.

Alain Orsoni, le 9 juin 2008 sur la pelouse du stade de l'AC Ajaccio. (© AFP Stephan Agostini)
Publié le 29/11/2011 à 0h00

«Aussi agréable et intelligent soit-il, n’oublie jamais que ce type a du sang sur les mains.» Voilà l’avertissement que vous balancent, tel un missile sol-air, les connaisseurs du dossier corse. Et pourtant, Alain Orsoni n’a jamais été condamné en ces matières meurtrières. Il est d’ailleurs régulièrement passé entre les gouttes acides des pluies judiciaires qui ont rongé jusqu’à l’os bien des nationalistes corses. Enfin, ceux qui n’ont pas fini la peau trouée, le crâne éclaté, le ventre ouvert…

Alain Orsoni, vous voyez qui c’est ? 1975. Ce fils de militaire s’enferme dans la cave viticole d’Aléria, caverne originelle de la cause. Années 80. Ce poseur de bombes est l’un des interlocuteurs préférés de la gauche, guetteur matois à l’affût des hésitations girondines du PS. Années 90. La guerre fait rage entre «natios». A la tête du Canal habituel, cet élu à l’Assemblée territoriale s’affronte au Canal historique de François Santoni, son meilleur ennemi et confrère de sang. Année 95. Le cagoulé prend la tangente. Il fait la part du feu, s’éloigne du terroir devenu mouroir. Les mythologies corses sont rapaces qui réclament leurs dûs à ceux qui seraient tentés d’y échapper. L’esprit de famille se dégrade en clanisme. La haine vengeresse s’institutionnalise en vendetta. Et le militant se la raconte bandit d’honneur, avant de prendre le maquis de toujours, refuge pour un peuple chassé de chez lui par ses propres compulsions. Alain Orsoni part pour le Nicaragua, Miami, Barcelone

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