Hier, Mohamed Merah est mort, l'arme à la main, face au Raid, et personne ne comprend sa dérive meurtrière, surtout pas ses potes d'enfance. Il y a trois semaines, il était avec Samir, 23 ans (1), en boîte à Toulouse. «Si t'es très musulman, tu ne vas pas en boîte», constate Samir. Samedi dernier, il a croisé Merah, qui avait déjà tué trois personnes, «il m'a fait la bise, c'est tout». «On tapait le ballon, il aimait les voitures, les grosses motos… Vous le voyez comme un meurtrier, nous, comme un mec bien, un type normal.»
Dur à croire. «Il était comme les autres, assure Kamel, 23 ans. Un gars fashion, en jean taille basse, Converse, beau gosse, qui aimait bien attirer les filles, vivre, plaire.»
Né en 1988, le Toulousain d'origine algérienne grandit dans une famille sans père. A l'école, selon l'AFP, il compte plusieurs redoublements, sanctions, exclusions. «Réelles capacités», note toutefois un prof. «Réel talent» en arts plastiques, dit un autre. Mais il est souvent absent, et quand il est là, adopte des attitudes «graves et inadmissibles». «Connaissez-vous la raison de votre présence en classe ?» lui demande un prof. Il sort à 16 ans pour faire apprenti-carrossier, domaine où il donne satisfaction.
Quinze condamnations. Mais à cet âge, il a déjà affaire à la justice. En 2004, il balance un caillou sur un bus. En 2005, il s'en prend à d'autres jeunes, menace un éducateur. En 2006, il vole un po




