«Un visionnaire»,«un grand serviteur de l'Etat», etc. Au-delà de la litanie des hommages, Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po Paris, brutalement décédé mardi à New York, restera d'abord comme l'homme des conventions Education prioritaire. Convaincu que l'école de la rue Saint-Guillaume étouffait dans son entresoi, il a eu l'intuition, le premier, qu'il fallait aller chercher des élèves dans les quartiers et la province oubliée. Il a alors signé des conventions avec des lycées en zone d'éducation prioritaire (ZEP), leur ouvrant une voie d'accès spécifique à Sciences-Po.
Lancées en 2001, ces conventions ont d'abord suscité une levée de boucliers. Au sein de l'école, les étudiants - pour la plupart des «héritiers», fils de bonne famille - dénoncent l'arrivée d'élèves dispensés de concours qui risquent de faire baisser le niveau. La droite et une partie de la gauche «républicaine» critiquent un dispositif qui s'inspire, selon elles, de la «discrimination positive» à l'américaine, à l'opposé de l'égalitarisme républicain français.
Élitisme. Mais Richard Descoings, grand bourgeois atypique qui, pendant des années, s'est affiché, à la tête de Sciences-Po, avec une queue-de-cheval et une barbe de trois jours, n'en a cure. Il y croit et ça ne lui déplaît pas de bousculer un monde qu'il juge frileux. Aujourd'hui, si certains trouvent le dispositif trop limité pour changer le profil des élites, tous reconnaissent qu'il a «ouvert» Sci




