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Interview

Roms : «C’est l’intégration, et non l’exclusion, qui permettra d’avancer»

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Christine Lazerges, de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, déplore les démantèlements de camps par la gauche.

Expulsion d’un camp de Roms, le 28 août à Saint-Priest (Rhône). (Photo Philippe Desmazes. AFP)
Publié le 07/09/2012 à 19h07

Alors qu’elle sera officiellement nommée fin septembre à la tête de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Christine Lazerges livre son point de vue sur la gestion du dossier des Roms par le gouvernement.

On sent depuis plusieurs semaines une tension entre les principales associations de défense des droits de l’homme et le ministère de l’Intérieur, notamment sur le dossier des Roms.

Il y a effectivement une tension, mais le quinquennat a aussi débuté de façon un peu compliquée entre la Place Beauvau et la Place Vendôme [les ministères de l'Intérieur et de la Justice, ndlr]. C'est classique. Mais rien ne peut avancer si l'on ne conjugue pas justice et sécurité. Sur le plan des droits de l'homme, la CNCDH se situe plutôt du côté de la chancellerie. D'ailleurs, je suis étonnée de voir que Christine Taubira n'est pas signataire, aux côtés des sept autres ministres, de la circulaire du 26 août sur les Roms. Concernant les associations, il y a de la déception. Elles ont attendu dix ans ce changement politique et les premiers signes ne sont pas là, y compris sur le plan financier. Depuis dix ans, ces associations galèrent et le premier message qu'on leur adresse, c'est le démantèlement des camps de Roms.

Plus largement, partagez-vous leur critique concernant le rattachement de l’immigration et de l’intégration à la Place Beauvau ?

Ce n’est pas grave en soi. Mais, symboliquement, le rattachement de l’immigration à la Justice aurait été un signe positif.

Quelle analyse faites-vous de cette série de démantèlements de camps de Roms ?

Il n'y a pas toujours les précautions qu'un gouvernement de gauche devrait prendre. Ainsi, je ne comprends pas qu'une évacuation puisse précéder une décision de justice, comme récemment à Evry [Essonne]. Un démantèlement doit suivre une telle décision, et non la précéder. Bien sûr, l'occupation

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