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Libération
Enquête

Les tests à l’aveugle du Mediator

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«Libération» s’est procuré des documents montrant qu’en 2005, Servier a réalisé un essai clinique sans avertir les patients des risques.

Publié le 03/10/2012 à 22h26

Un nouveau front judiciaire menace Servier, déjà mis en examen (pour tromperie, escroquerie, etc.) dans l'affaire du Mediator. Selon des documents confidentiels récemment transmis aux juges d'instruction en charge du dossier, que Libération s'est procurés, le laboratoire a réalisé, à partir de 2005, un essai clinique sur le Mediator, baptisé Regulate, sans jamais prévenir les 423 patients des graves risques liés au médicament qu'ils testaient. Si la justice confirme les faits, Servier risque gros : mener des recherches «sans avoir recueilli le consentement libre, éclairé et exprès» des malades est passible de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Joint par Libération, Servier réplique que l'essai Regulate a été validé par les autorités. Et que le risque de contracter des valvulopathies (dégradation des valves du cœur) ou une HTAP (hypertension artérielle pulmonaire, une maladie mortelle) sous Mediator n'était, à l'époque, «pas avéré». Sauf que la loi Huriet sur les essais cliniques, conçue pour éviter que les volontaires ne soient traités en cobayes, est très stricte : elle impose d'avertir des dangers certains, mais aussi des «risques prévisibles». Or, Servier pouvait difficilement ignorer ces risques. C'est en effet pour les vérifier que les autorités ont réclamé Regulate.

Molécule. Tout commence en 1998 avec l'enquête de l'Agence européenne du médicament sur le Mediator, vendu comme antidiabétique mais tr

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