Au début du mois, Alain Lamassoure, président de la commission des budgets au Parlement européen, déclarait que le programme Erasmus était menacé. Malgré la crise et les démentis du Premier ministre, Erasmus fête son 25e anniversaire. Chercheurs à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, Joaquim Timoteo et Yaëlle Amsellem-Mainguy dressent le portrait territorial et social de la génération des 15-30 ans.
Vous définissez la mobilité comme le symbole d’un clivage social. Erasmus en est-il une illustration ?
Le déficit de mobilité peut être un facteur discriminant. Ne pas posséder de permis de conduire ou manquer de moyens de transport peut limiter l’accès au marché du travail, réduire l’espace du choix d’orientation scolaire ou professionnelle. Cela implique de fortes inégalités opposant urbains et ruraux, mais aussi les catégories sociales entre elles. On trouve une jeunesse disposant d’une culture de la mobilité avec les moyens de la rendre effective, et une autre pour laquelle les freins sociaux et matériels sont forts et l’assignation à un territoire une réalité.
Le programme Erasmus donne une illustration de ce clivage. Rappelons que même si les effectifs d’étudiants Erasmus ont augmenté en France de plus de 75% en dix ans, les 30 000 étudiants recensés en 2010 ne représentent au final que 1,5% de la population étudiante totale. D’une certaine manière, les séjours Erasmus s’inscrivent dans la tradition renouvelée des voyages de formation des élites.
Les étudiants Erasmus proviennent plutôt d’un milieu favorisé. Ainsi, s’il fallait définir un pr




