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Libération
Décryptage

Une guerre peut en cacher une autre

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La création d’une mission interministérielle associant la préparation du centenaire de 14-18 et celle des 70 ans de la Libération suscite un tollé chez élus et historiens, craignant la confusion.

Au cimetière militaire de Sillery, dans la Marne. (François Nascimbeni. AFP)
Publié le 09/11/2012 à 21h56

Des sénateurs en colère, des historiens remontés, un général démissionnaire, des associations d’anciens combattants désemparées… Les commémorations du centenaire de la guerre de 1914-1918, qui débutent en 2014, sont au centre d’une polémique. A l’origine, la décision surprise de l’Etat de créer une mission associant les anniversaires des deux conflits mondiaux - le jubilé de la Grande Guerre et les 70 ans de la Libération de 1944. Pour les opposants, cette décision introduit une confusion insupportable entre les deux guerres. Retour sur une affaire où mémoire et politique ne font pas bon ménage.

Ce que le gouvernement a décidé

Nœud du problème : un décret du 3 octobre créant une «mission interministérielle des anniversaires des deux guerres mondiales». Alors que depuis des mois, des historiens et des «élus du champ de bataille» préparent ce qui s'annonce comme un événement mondial - le premier centenaire d'un conflit qui a défait les grands empires et redessiné l'Europe -, tout semble soudain remis en question : l'année 2014 ne sera plus celle d'un anniversaire exceptionnel, celui de la Grande Guerre et de ses 10 millions de morts, mais celle de deux célébrations pratiquement mises sur le même plan.

Présidée par le ministre des Anciens Combattants, Kader Arif, la mission est chargée de «concevoir, d'animer et de coordonner le programme commémoratif des deux événements» - le centenaire, et le 70e anniversaire «de la résistance, d

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