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«Quel que soit le prix à payer, il fallait ramener des enfants»

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Il y a cinq ans, l'association humanitaire L'arche de Zoé avait tenté de faire venir en France une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour. Le procès de six prévenus s'est ouvert ce matin à Paris.

Les membres de l'arche de Zoé, le 26 octobre 2007 à Abeche. (Photo AFP)
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Publié le 03/12/2012 à 7h57, mis à jour le 03/12/2012 à 19h09

Une bénévole qui était chargée du soutien psychologique du personnel médical lors de l'opération de l'Arche de Zoé a accusé le fondateur de l'association Eric Breteau, absent à son procès, d'être un «manipulateur tout puissant», dont elle a dénoncé la «lâcheté».

Partie civile, Nathalie Cholin, infirmière, qui a passé une quinzaine de jours au Tchad un mois avant la tentative d'exfiltration de 103 enfants, a expliqué que les bénévoles n'avaient «pas toutes les informations» sur ce qui se passait sur place. Elle a dénoncé le «cloisonnement» qui régnait, les «tensions» qui naissaient et les «ordres contradictoires».

Breteau qualifié de «lâche» et de «manipulateur»

L'objectif de la mission menée par Eric Breteau était «de sauver» des orphelins du Darfour, a-t-elle expliqué. Mais alors que les enfants n'arrivaient pas, les bénévoles ont senti «qu'il y avait un réel problème».

Pour Eric Breteau, «quel que soit le prix à payer, il fallait ramener des enfants», a affirmé Nathalie Cholin. Selon elle, les meneurs de l'opération les avaient assurés de la légalité de celle-ci. L'infirmière a dit son sentiment d'avoir été «trompée», expliquant avoir arrêté de travailler deux mois et demi pour «dépression» à son retour. Elle dit avoir «culpabilisé», notamment «de ne pas avoir vu que cet homme (Eric Breteau) était un manipulateur tout puissant».

La plainte qu'elle a déposée représentait pour elle le «seul moyen» pour

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