On la disait magique, révolutionnaire, libératrice, et voilà qu’on la suspecte d’être un poison pour certaines. Objet de quatorze plaintes de victimes, accusée d’être responsable de quatre décès (Diane 35), la pilule, contraceptif préféré des Françaises se retrouve donc sur la sellette. Justifié ? Faut-il jeter aux orties les troisième et quatrième générations de plaquettes ? Les enquêtes en cours le diront. En attendant, quatre femmes, témoins d’autant de générations de pilules, racontent leur rapport intime avec ce petit comprimé autorisé en 1967 après un combat de très haute lutte au Parlement.
«Sans le Mediator, cela n’aurait pas eu le même impact»
Marine, 23 ans, étudiante
La pilule, Marine avait 17 ans, lorsqu'elle l'a prise pour la première fois. «C'était après ma première relation, j'en ai parlé avec ma mère, qui m'a conseillé cette solution.» Etudiante en droit, cette Niçoise a un problème particulier : le facteur V de Leiden, c'est le sang qui coagule trop. Du coup, elle ne peut pas prendre de pilule avec œstrogène, à cause du «risque de phlébite». La pilule qu'on lui conseille répond à cette contre-indication. De la troisième génération, elle se nomme Cerazette.
Avec cette pilule, Marine se sent en «confiance». Elle la prend «tous les jours». Elle dit qu'elle est «très légère». Pour Marine, c'est une «protection en plus», pas vraiment un sentiment de libération. Elle précise : «Avec le préservatif, ce n'est pas 100% de certitude.» Marine fume, alors qu'elle ne devrait pas, puisque c'