Pierre Lellouche, ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, et l'ambassadeur de Roumanie en France se sont écharpés par lettre sur l'expression «État voyou» employée par le député français contre Bucarest, et qu'il a répétée par écrit.
Selon les courriers rendus publics par l’entourage de l’élu parisien, l’ambassadeur Bogdan Mazuru a d’abord protesté contre l’emploi de ce qualificatif par le député UMP lors d’une question au gouvernement sur le dossier des Roms, le 15 mai à l’Assemblée nationale.
«Le fait que vous êtes membre du groupe d'amitié France-Roumanie à l'Assemblée rend votre démarche encore plus incompréhensible pour moi», déclare le diplomate qui parle de «mauvaise foi» et accuse son interlocuteur de «véhiculer des données quantitativement fausses». Ces «informations erronées stimulent la création et la propagation de clichés», accuse Mazuru, exhortant le député à «faire preuve de plus d'objectivité dans (ses) déclarations futures».
Cette lettre n'est «acceptable ni sur la forme, ni sur le fond», lui répond vertement Lellouche, en défendant une parole «totalement libre» des députés en France. Il écrit que l'ambassadeur ne peut «ignorer les conditions parfaitement indignes» que les Roms subissent «dans votre pays malgré les milliards d'euros déversés par l'Europe pour aider la Roumanie à intégrer correctement» cette minorité. «Ce comportement n'est pas digne