Martial (1) a passé cinquante jours au quartier disciplinaire de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Il ne voulait pas en sortir. Il a expliqué à l’Observatoire international des prisons (OIP) qu’il préférait encore ce lieu sans télévision ni radio, sans ampoule électrique, plutôt que la promiscuité d’une pièce partagée à plusieurs. Martial voulait une cellule individuelle mais la prison de Longuenesse compte 380 détenus, pour 196 places.
Au 1er juin, il y avait 67 977 détenus en France, selon des chiffres publiés hier par l'administration pénitentiaire. La seule période où l'on ait connu pire, c'était l'immédiat après-guerre et ses condamnations pour collaboration. «Le taux de détention est de 103 pour 100 000 habitants, un record absolu», confirme le démographe des prisons Pierre-Victor Tournier, chercheur au CNRS. Ereintés, angoissés par la recrudescence des agressions, les surveillants de l'Ufap, syndicat majoritaire, ont appelé à la grève aujourd'hui. Un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Ayrault n'a toujours pas légiféré, malgré l'urgence. Marie Crétenot, militante à l'OIP, résume : «On n'a jamais tant parlé de la fin du "tout carcéral" et les prisons n'ont jamais été si pleines. Merci la gauche !»
La prison craque
Chaque soir dans les prisons françaises, les surveillants installent près de 1 000 matelas au sol. «Il y en avait 200 en janvier 2011», rappelle Pierre-Victor Tournier.«Je vais avoir 50 ans, écrit un homme à l'




