En politique, le diable est souvent dans les détails. Et l'avant-projet de loi de lutte contre la récidive, finalement dévoilé jeudi, en est l'illustration. Objet d'une guerre de positions opposant les ministres de l'Intérieur et de la Justice, ce texte porté par Christiane Taubira est tiraillé entre la volonté de rompre avec le sarkozysme pénal et celle d'envoyer des signaux de fermeté. Il prévoit ainsi que seuls les condamnés à un an de prison maximum pourront voir leur peine aménagée, et non plus ceux qui écopent de deux ans, comme c'était le cas depuis la loi pénitentiaire de Rachida Dati. Un comble : Taubira plus répressive que Dati, alors que sa loi veut lutter contre le «tout carcéral» !
En réalité, cette réduction des aménagements de peines, Taubira n’en voulait pas. L’idée vient notamment de l’Union syndicale des magistrats (USM), et elle est loin d’être sotte : condamner quelqu’un à deux ans de prison pour immédiatement aménager sa peine n’est pas très lisible, ni pour lui ni pour sa victime. Mais c’est le seul moyen que le gouvernement Sarkozy avait trouvé pour éviter que sa politique sécuritaire ne fasse déborder les prisons.
Impact. L'USM, politiquement modérée, a le vent en poupe : elle a remporté 68,5% des voix des magistrats lors des récentes élections professionnelles. «On en a parlé à Taubira comme à Valls, raconte Christophe Régnard, le président de l'union syndicale. Mais la ministre de la Justice




