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Reportage

Justice : comment sortir de la prison

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Alors que Christiane Taubira présente ce matin sa réforme en Conseil des ministres, visite d’un service pénitentiaire dédié aux peines alternatives.

La centrale de Clairvaux, en 2012. (Photo Stéphane Lagoutte pour Libération.)
Publié le 08/10/2013 à 21h16, mis à jour le 09/10/2013 à 10h21

«Bon, monsieur T., on reprend tout à zéro. Ça fait un an qu'on se voit : rien n'a changé.» En face de sa conseillère, dans l'un des box du service de probation d'Angers, monsieur T. a l'air sincèrement désolé : «Ben ouais… - Les obligations ne sont pas respectées, vous ne venez qu'une fois sur deux aux rendez-vous… Et avec l'alcool, vous en êtes où?»

Elodie Vaillant est conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (Cpip). Comme ses onze collègues, elle est chargée de suivre et de contrôler les personnes condamnées à des peines hors de la prison, en «milieu ouvert», dit-on ici : des mesures de réparation, un travail d’intérêt général, un placement sous bracelet électronique… Ou un sursis avec mise à l’épreuve, comme dans le cas de monsieur T. C’est la sanction la plus courante : le condamné doit respecter des obligations (de soin, d’indemnisation), des interdictions (ne pas entrer en contact avec sa victime), sous peine de filer en prison.

C’est sur Elodie, et sur ses collègues, que reposera la réforme pénale de Christiane Taubira, présentée aujourd’hui au Conseil des ministres : cesser de faire de la prison l’unique référence, développer les peines alternatives hors les murs.

«Il y a un an, monsieur T., je vous avais présenté notre programme contre les violences familiales, reprend Elodie Vaillant. Vous aviez refusé d’y participer…

- Je pense que je n’en ai pas besoin. Déjà, parce qu’en ce moment je suis célibataire.

- Vos

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