La circulaire de Manuel Valls a été envoyée à tous les préfets hier. Elle les encourage, ainsi que les maires, à interdire les spectacles de Dieudonné partout où il passera. Le préfet de Nantes, où l’humoriste est attendu jeudi, doit se prononcer cet après-midi. Celui de Lyon a laissé entendre qu’il interdirait une date en juin et le maire de Bordeaux Alain Juppé veut interdire le spectacle du 26 janvier.
Depuis des années, beaucoup l'ont tenté - peu ont réussi. Si les maires et les préfets peuvent toujours prendre un arrêté d'interdiction d'un spectacle en raison de «risque de troubles sérieux à l'ordre public», Dieudonné, lui, l'a promis : il contestera toute interdiction auprès du juge administratif. C'est la procédure de «référé-liberté» : le juge a quarante-huit heures pour rendre sa décision. Jusqu'à présent, il a presque toujours donné raison à Dieudonné.
Prudence. A chaque fois, il a dû trancher : à quel moment le risque de trouble à l'ordre public est-il si important qu'il nécessite de limiter les libertés fondamentales d'expression et de réunion ? «Une petite commune a bien réussi à interdire Dieudonné, mais c'est parce qu'elle n'avait que deux policiers à sa disposition, rappelle Anne Baux, présidente de l'Union syndicale des magistrats administratifs. Perpignan avait argué des rivalités entre ses communautés, le juge n'a pas estimé le risque suffisant.» Car le tribunal est (heureusement) prudent sur l




