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En Avesnois, le vote vache

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Dans ce pays d’élevage aux confins du Nord et de la Belgique, les agriculteurs, qui vivent à l’heure de Bruxelles, ont le sentiment croissant d’être les parents pauvres de la PAC et s’angoissent de la fin des quotas laitiers. La rhétorique du FN leur parle.

Un des fils de Véronique Painchart, le 26 avril dans la ferme de Rainsars. (Photo Aimée Thirion)
ParStéphanie Maurice
Envoyée spéciale dans l’Avesnois
Publié le 11/05/2014 à 18h06

Devinette. C'est un coin du nord de la France où on craint un carton du Front national lors des élections européennes. Lequel ? Hénin-Beaumont et son ancien bassin minier laminé par la crise ? Non, l'Avesnois, un bocage aux haies tenues au cordeau, vallonné et charmant, aux logis de ferme impeccables, alternant la pierre bleue du coin et la brique rouge. Une campagne laitière du Nord, coincée entre la Picardie et la Belgique, où est produit le Maroilles, le fromage emblématique de Bienvenue chez les Ch'tis. Aux dernières législatives, en 2012, à la surprise générale, la candidate FN Anne-Sophie Lévêque a réussi à se maintenir au second tour dans la 12e circonscription du département. Le socialiste Christian Bataille, député depuis 1988, l'a finalement emporté, avec 57,47% des voix, face à cette inconnue de 23 ans, une novice électorale, étudiante en droit à Lille. Anne-Sophie Lévêque a cependant réussi à le devancer dans 25 communes rurales profondes. Elles sont toutes situées dans le même canton : Avesnes-Sud… où le FN n'a pas de présence militante. Alors, d'où lui vient donc cette soudaine vigueur ?

Anne-Sophie Lévêque «est apparue juste au moment de la campagne, je ne l'ai croisée qu'une fois sur un marché», s'étrangle encore Christian Bataille. Après les élections, la jeune Lilloise a disparu aussi vite qu'elle était venue, malgré une vague promesse de déménager, relayée par la Voix du Nord. Notaire stagiaire, elle vit désormais dans

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