Le bras de fer est encore feutré. Mais après les 41 abstentions de députés socialistes sur le plan d'économies, cette réforme pénale pourrait bien se muer en face-à-face entre une partie de la majorité bien décidée à légiférer et un exécutif soucieux de préserver les arbitrages rendus par l'Elysée après le bras de fer Valls-Taubira de cet été. «Ça va friter», prévient un élu.
Sans protestation. Les socialistes ont déjà commencé à amender le texte en commission des lois. Au grand dam de François Hollande… La semaine dernière, à la sortie du Conseil des ministres, le chef de l'Etat a pris Christiane Taubira à part pour, comme l'a rapporté le Monde, lui demander de «garder la logique et les équilibres du texte, et faire attention aux amendements qui pourraient venir». Celui de Colette Capdevielle (Pyrénées-Atlantiques), proposant d'étendre la nouvelle contrainte pénale - une peine alternative à la prison - à tous les délits et non plus à ceux passibles d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement (lire ci-contre). L'amendement a été adopté… sans la moindre protestation de la ministre de la Justice. En séance publique, le gouvernement demandera aux députés de revenir à la formule initiale.
«En étant aussi hypersensible à l'opinion, Hollande crée lui-même les conditions d'un affrontement avec sa majorité», observe le député écologiste Sergio Coronado. «Il crée un problème là où il n'y en ava




