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analyse

La probation sur les épaules des conseillers d’insertion

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Les services pénitentiaires sur lesquels pèsera la contrainte pénale, examinée par les députés, pourraient manquer de temps et de moyens.

Publié le 05/06/2014 à 20h06, mis à jour le 13/06/2014 à 12h05

Après avoir supprimé les peines planchers, héritage du sarkozysme sécuritaire, les députés devaient aborder jeudi soir l'autre gros morceau du projet de réforme pénale, la création d'une nouvelle peine en milieu ouvert : la contrainte pénale. Une mesure censée favoriser un suivi «plus charpenté» des personnes condamnées, tout en leur évitant un emprisonnement jugé contre-productif.

A l'échelle de la France, c'est une timide mais réelle évolution. Car la contrainte pénale devrait s'accompagner de la mise en place de nouvelles méthodes de travail, déjà éprouvées à l'étranger. Au Canada (lire ci-dessous), il a fallu cinq années d'efforts intensifs pour que la peine de probation fonctionne à plein régime. «Chez nous, tout cela reste embryonnaire, relève Sylvain Roussilloux, secrétaire général du Snepap-FSU. Les méthodes d'évaluation initiale, d'entretiens motivationnels, etc. vont nécessiter de former les agents en conséquence.» Les services pénitentiaires d'insertion et de probation (Spip), chargés d'accompagner les personnes condamnées dans leurs démarches de réinsertion, auront-ils les moyens de cette ambition ? A en croire les syndicats, leur situation n'est guère reluisante. «Aujourd'hui, un conseiller suit en moyenne 130 personnes, affirme Delphine Colin, de la CGT pénitentiaire. C'est très difficile de reconnaître les gens dans les salles d'attente et de leur consacrer un temps suffisant.» Le Snepap-FSU milite pour un d

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