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Décryptage

Le bac pro est-il vraiment une voie d'avenir ?

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Trois élèves de terminale sur dix passent un bac professionnel, une création de Chevènement qui s'apprête à fêter ses trente ans. La filière pro, comment ça marche ?

Publié le 12/06/2014 à 11h42

Quelque 200 000 élèves, soit trois terminales sur dix, s'apprêtent à passer un bac professionnel. «C'est un bac exigeant qui offre des qualifications de très bons niveaux», vantait le ministre Benoît Hamon, le 4 juin dernier lors d'un déplacement dans un lycée pro de Seine-Maritime pour «attirer l'attention» sur cette filière... peu connue du grand public, et pas forcément appréciée des élèves, qui se retrouvent souvent là par défaut. Le bac pro réussit-il vraiment aux élèves, comme l'assure le ministre de l'Education ? En quoi consiste-t-il ? Remise à niveau.

Le bac pro, bientôt trente ans

En 1985, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Education, se fixe un objectif, qui prend vite une allure de slogan : «Mener 80% d'une classe d'âge au niveau bac.» A l'époque, nous en sommes encore loin (61,2% en 1986). Pour y arriver, Chevènement propose d'allonger le cursus dans la filière professionnelle. Il veut rajouter aux CAP et BEP déjà existants un vrai bac. Au pupitre de l'Assemblée, il explique vouloir «offrir, à l'issue de la classe de troisième, trois voies d'égale dignité» : la voie générale, dans laquelle «peuvent s'engager ceux qui ont les capacités de poursuivre des études aux niveaux les plus élevés de l'université» ; la voie technologique, «qui conduira la majorité des jeunes qui s'y engagent vers un niveau de technicien supérieur» ; et la «voie professionnelle, qui assure une possibilité de poursuivre la formation jusqu'au nivea

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