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Récit

Le sort des Roms de Bobigny entre les mains de la justice

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Le campement des Coquetiers, où un incendie a causé la mort de Melisa, 7 ans, en février, est sous le coup d'une procédure d'expulsion. Les 200 habitants, de plus en plus intégrés, se battent pour rester.

Manifestation d'hommage à Melisa, décédée dans un incendie en février dans le camp de Bobigny. (Photo François Guillot. AFP)
Par
Juliette Jabkhiro
Publié le 23/06/2014 à 18h35, mis à jour le 23/06/2014 à 18h36

Les regards sont anxieux ce lundi matin au tribunal de grande instance de Bobigny. Dans la salle d'audience, parmi la foule, Gabriel, 27 ans, tient sa fille sur ses genoux d'une main nerveuse. Comme lui, de nombreux habitants du campement des Coquetiers ont fait le déplacement pour assister à l'audience, déterminante pour l'avenir du site, qui est sous le coup d'une procédure d'expulsion. La nouvelle municipalité de Bobigny n'a en effet pas tardé à mettre en œuvre une de ses promesses de campagne. Peu après son élection, le maire UDI Stéphane De Paoli a demandé à la préfecture de Seine-Saint-Denis l'évacuation du bidonville, rendu tristement célèbre par la mort de Melisa, Rom de 7 ans, lors d'un incendie en février. La mairie a donc engagé une procédure accélérée pour faire reconnaître le caractère illicite de l'occupation des terrains municipaux, et obtenir une évacuation dans les plus brefs délais.

Une première audience au tribunal de Bobigny était prévue le 30 mai, mais elle a été repoussée au 23 juin pour des raisons de procédure. Ce lundi l'avocat de la ville a pu plaider. Tendu, la voix parfois hésitante, il insiste sur le terme d'«occupation illicite», qu'il répète à trois reprises. S'appuyant sur le code de procédure civile, il assure qu'il y a

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