Des stagiaires malléables et corvéables à merci, à qui l'on demande d'apporter des cafés et des pizzas, ou à l'opposé, d'autres qui remplacent un congé maternité et occupent un vrai poste de salarié pour une rétribution dérisoire… La «loi relative au développement, à l'encadrement des stages et l'amélioration du statut des stagiaires», adoptée définitivement jeudi à l'Assemblée nationale, vise à mettre fin aux abus en tous genres (lire plus bas). Désormais, les stagiaires seront doublement encadrés - par un tuteur dans l'entreprise et par un professeur référent dans leur établissement. Les entreprises seront limitées en nombre de stagiaires, qui verront leurs droits renforcés et alignés sur ceux du reste du personnel - des chèque-repas, des indemnités transports…
Après la kyrielle de textes déjà adoptés et jamais vraiment appliqués, cette loi sera-t-elle enfin la bonne ? Les défenseurs des droits des stagiaires, comme le collectif Génération précaire et les étudiants de l'Unef, veulent y croire. Même s'ils regrettent que la hausse de la rétribution minimale - portée de 436 euros à 523 euros par mois - soit si modeste et qu'elle ne soit applicable qu'à partir de 2015. Huit stagiaires racontent à Libération leurs expériences, le plus souvent douloureuses.
Petra, 23 ans, maîtrise de gestion «Le travail d’un cadre»
«Lorsque j’ai signé mon contrat, l’équipe a été très claire : il s’agissait de remplacer ma responsable lors de son congé maternité. Après une maîtrise en gestion à Paris, j’ai effectué un stage de six mois d