Ce mardi 1er juillet, il est un peu plus de 8 heures du matin quand Nicolas Sarkozy pénètre dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), rue des Saussaies, à Paris. C'est la première fois qu'un ancien chef de l'Etat est placé en garde à vue. Poursuivi pour «trafic d'influence», «corruption active» et «violation du secret de l'instruction», il va être entendu pendant près de neuf heures par les policiers de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Un face à face âpre, souvent tendu, au cours duquel Nicolas Sarkozy va passer le plus clair de son temps à contester la légalité de la procédure. «Me mettre en garde à vue correspond à la volonté de m'humilier publiquement», attaque d'emblée l'ex-président, qui demande aux policiers d'annexer deux documents à la procédure. Une lettre du Syndicat de la magistrature (SM), datant de mai 2012, qui l'accuse d'avoir affaibli l'autorité judiciaire. Et un article de Mediapart dans lequel est largement citée Claire Thépaut, chargée d'instruire l'enquête contre lui avec Patricia Simon. «J'émets donc les plus extrêmes réserves sur l'impartialité d'une magistrate qui est membre du Syndicat de la magistrature», en conclut Sarkozy.
Sur le fond, il conteste formellement la validité des écoutes, qui sont au cœur de la procédure. «Ni plus ni moins qu'un scandale, lâche-t-il. Pendant plusieurs mois, on m'écoute, comme un filet qu'on lance à




