Avant l'été, un indic file un tuyau à un poulet de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Paris : «Bosse sur Dominique Luciani, qui peut t'amener sur des beaux mecs. Possible que Jean-Luc Germani fleurisse à son contact.» En cavale depuis trois ans, Germani a été condamné à six ans de prison pour le putsch au cercle de jeux Wagram, et la police l'a déjà «raté» deux fois au Gabon et au Cameroun. L'antigang se met donc aux basques de ce Dominique Luciani, inconnu des services mais qui, selon un enquêteur, «voit beaucoup de monde, du banditisme et d'autres milieux». La brigade nationale de lutte contre la criminalité œuvre de concert : «On avançait à vue, dit un commissaire, jusqu'à une conversation sibylline écoutée, où un mec évoque une Sandra.» Comme la sœur de Germani, veuve du parrain Richard Casanova.
Les surveillances sur Sandra ne donnent rien mais, mercredi, la BRI voit Luciani vers Saint-Germain-des-Prés, en compagnie d'un «Corsico» et d'un gars qui «porte une casquette de vieux, des lunettes de vue, une petite queue-de-cheval et une barbe, pas de père Noël, mais de trois jours. On le flashe de loin, mais la photo n'est pas claire.» Jeudi matin, la BRI compare le cliché agrandi à Germani : «Ça colle, la morphologie, la taille et le visage.»
Patins. Cet homme «revient au contact de Luciani vers Opéra» dans l'après-midi. Ils «plongent dans un parki