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Bygmalion : le parquet fait entrer Sarkozy dans la danse

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L’ajout de «financement illégal de campagne» aux chefs d’accusation fait de l’ex-président le principal bénéficiaire du montage.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a reporté au 25 octobre sa décision. (Photo Marc Chaumeil )
Publié le 09/12/2014 à 19h46

Ce n’est plus seulement une affaire Bygmalion, mais bien une affaire Sarkozy. Fin novembre, le parquet de Paris a élargi le spectre de l’enquête visant l’agence de communication - initialement ouverte pour «faux et usage de faux» et «abus de confiance» - au chef de «financement illégal de campagne électorale». Un délit mineur, passible d’un an de prison et de 3 750 euros d’amende (contre trois ans et 375 000 euros pour l’abus de confiance), mais symbolique d’une procédure pénale ciblant désormais ouvertement l’ex-président de la République.

Ce «réquisitoire supplétif», en jargon judiciaire, était dans les tuyaux depuis début octobre. Un rapport de synthèse des policiers enquêteurs, dévoilé par Le Monde, posait déjà la problématique : «Les fausses factures adressées par Event & Cie [filiale de Bygmalion] à l'UMP, sciemment établies par les deux parties, constituent également l'infraction de financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy.» Outre un «dépassement du plafond des dépenses électorales», le code électoral vise des «éléments sciemment minorés dans le compte de campagne.» Le candidat paraît avoir coché les deux cases : outre le dépassement attesté en son temps par le Conseil constitutionnel (pour un montant minime de 2,1% sur un plafond de 22,5 millions d'euros), les dirigeants de Bygmalion ont confessé avoir imputé l'essentiel des dépenses (18,5 millions) sur le dos de l'UMP pour éviter de crever le plafond.

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