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Immobilier : la pierre commence à se fissurer

Les chiffres du Crédit foncier et de Century 21 témoignent d’un marché atone.

A Paris. (Photo Patrick Kovarik. AFP)
Publié le 05/01/2015 à 20h56, mis à jour le 06/01/2015 à 10h35

La purge de l'immobilier va probablement se poursuivre en 2015 de l'aveu même des acteurs du secteur. Selon le Crédit foncier, qui a publié lundi «un baromètre pour prendre le pouls du marché du logement et dégager les tendances», les deux tiers de professionnels de l'immobilier (64%) se déclarent pessimistes sur l'évolution de l'activité dans l'immobilier «pour les douze prochains mois», contre 35% d'optimistes (1).

Du fait du contexte économique difficile marqué notamment par la montée du chômage et une stagnation du pouvoir d'achat, les professionnels de l'immobilier ont observé - au cours des quatre derniers mois de l'année écoulée - que «leurs clients sont très majoritairement pessimistes (47%) ou attentistes (29%)» concernant «la concrétisation de leur projet immobilier». Seuls 21% étaient «optimistes».

Compte tenu de ce climat un peu sombre, 61% des professionnels considèrent «que le marché s'est détérioré» à partir de l'automne 2014. Pour 2015 ils sont 52% à anticiper une baisse des «prix de l'immobilier résidentiel ancien» alors que 35% pensent qu'ils vont rester stables. Seuls 3% des professionnels sondés parient sur une hausse des tarifs de la pierre (10% ne se prononcent pas). Toutes ces perceptions de terrain, révélées par le baromètre du Crédit foncier, sont corroborées par une autre étude, également publiée lundi, par Century 21. Le réseau d'agences a constaté une accélération du fléchissement des prix de la pierre en 2014, dans un marché atone. «Après une légère baisse des prix enregistrée en 2012 (-1,9%), suivie d'un nouveau recul en 2013 (-1,8%), la tendance s'accentue en 2014 et le prix moyen au m² enregistre, au niveau national, un repli de 2,8%», indique le document. L'étude impute ce recul des prix à une contraction de l'activité : «le marché des appartements voit notamment le nombre de ses transactions reculer de 6,9% en 2014 […] quand celui des maisons se redresse de 1,7%». Mais globalement, le nombre de transactions est à la baisse. «Dans l'ensemble le marché fléchit» écrit Century 21. D'ailleurs les délais de vente se sont encore allongés en 2014 et atteignent 95 jours en moyenne contre 90 jours en 2013. Vendre est devenu plus difficile et les transactions se font souvent après des négociations non négligeables sur le prix affiché. Les agents immobiliers disent que «les acheteurs ont main». Du coup, les prix de la pierre reculent dans la quasi-totalité de l'Hexagone. Dans certains cas, les baisses de prix au mètre carré sont assez sensibles comme en Languedoc-Roussillon (-7,4%), Lorraine (-7%), Poitou-Charentes (-6,7%) ou Nord-Picardie (6%). Même l'Ile-de-France, place forte de l'immobilier s'il en est, n'est pas épargnée avec un recul des prix de 2,6% en moyenne régionale. Mais les écarts sont importants entre la capitale où le marché se tient (+ 0,5%) et la banlieue (Yvelines ou le Val-d'Oise) où les prix baissent de plus de 5%.

(1) Sondage CSA pour Crédit Foncier auprès de 400 professionnels de l’immobilier.

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