Le 8 mars au plus tard, tous les logements de France devront être équipés d’un détecteur de fumée. Cette obligation figure dans la loi Morange (1), visant à prévenir les incendies domestiques qui font près 800 morts par an. Voté le 9 mars 2010, ce texte va s’appliquer de manière impérative seulement cinq ans après, les pouvoirs publics ayant souhaité donner un délai aux ménages pour s’équiper. En cas de location, la loi prévoit que c’est au propriétaire d’installer le détecteur. Le locataire devra en assurer l’entretien et le remplacer s’il tombe en panne.
Vigilance. Alors que la date du 8 mars approche, «le marché des détecteurs de fumée n'est pas assaini», pointe une enquête publiée lundi par le magazine Que Choisir. L'association de consommateurs a testé 18 détecteurs. «Sur l'ensemble de l'échantillon, […] six appareils s'avèrent problématiques», affirme un communiqué d'UFC-Que Choisir. «Pas moins de 3 [appareils, ndlr] se sont avérés non conformes car n'ayant pas réussi à détecter des feux de bois et/ou de literie ou s'étant déclenché trop tardivement.»
L'association a décidé de saisir la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) «pour que soient retirés les détecteurs non conformes». Et surtout, elle appelle les consommateurs à la vigilance, leur recommandant de privilégier les détecteurs certifiés NF. Ils sont fournis avec des piles, des vis pour les fixer au plafond, et un bouton pour tester le bon fonctionnement de l'alarme. Leur prix varie entre 10 euros et 30 euros. Mais à six semaines de l'entrée en vigueur de la loi Morange, moins d'un logement sur quatre de l'Hexagone serait déjà équipé d'un détecteur selon les professionnels du secteur.
Foule. «La culture du risque incendie n'est pas encore assez développée en France comparée à d'autres pays européens», analyse Gaëlle Alloin, directrice de marketing Europe chez le fabriquant Kidde . «De plus, à ce jour, les autorités n'ont pas communiqué largement pour faire connaître cette nouvelle obligation» , souligne-t-elle. D'ici le 8 mars, il risque d'y avoir foule autour des linéaires de détecteurs dans les magasins. Les fabricants se frottent les mains : plus de 20 millions de logements doivent être équipés. Leur marché est devenu énorme.
(1) Pierre Morange est député UMP des Yvelines.




