«On sort d’une séquence d’un mois au cours de laquelle tous les décideurs qui ont ignoré le service civique pendant des années se sont réveillés en disant qu’il devait devenir obligatoire. Je me réjouis que ce dispositif soit enfin pris au sérieux. Les effectifs de 150 000 à 160 000 jeunes annoncés pour un service civique universel par François Hollande correspondent au nombre de personnes qui avaient fait acte de candidature dans les dix-huit mois qui avaient suivi la création du dispositif en 2010. Beaucoup avaient dû renoncer. Pas assez de places. Ironie de l’histoire, en quelques années, nous sommes passés d’un service militaire obligatoire, où il fallait du piston pour en être dispensé, à un service civique volontaire où il faut du piston pour y accéder. Si on considère que les fractures de la société résultentd’un malaise qui senourrit de méfiance, de sentiments d’exclusion et d’abandon, le service civique, c’est exactement le contraire.
«Il permet de rebattre les cartes. Des jeunes dont les parcours scolaires ou de formation ont été marqués par l'échec peuvent réussir leur service civique et le valoriser ensuite pour trouver un emploi ou même reprendre des études. Ce vendredi, je signe une convention avec Sciences-Po Paris, qui sera le 80e établissement d'enseignement supérieur à intégrer dans ses promotions des jeunes issus du service civique. Il est capital que les jeunes qui entrent dans ce dispositif soient à l'image de la société française pour qu'un brassage se fasse. Le service civique doit attirer le jeune diplômé de l'enseignement supérieur et celui qui a raté son CAP.»




