Expulsion. C’est ce qu’a ordonné le tribunal de grande instance d’Albi à l’encontre de certains zadistes qui occupent des parcelles sur le site d’aménagement contesté d’une retenue d’eau à Sivens (Tarn). Cette décision a été rendue après une plainte en référé, fin janvier, du conseil général du Tarn, de deux riverains et de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne - le maître d’œuvre du projet de barrage. Mais ce n’est pas fini. Ce mercredi, le tribunal de grande instance doit se prononcer sur une autre demande d’expulsion, concernant cette fois la Métairie neuve, un grand bâtiment en pierre anciennement à usage agricole, propriété du conseil général, squatté par les zadistes qui en ont fait leur dortoir.
Mais quelles que soient les décisions rendues dans ces deux procédures, sur le terrain, le statu quo va se prolonger. Les pouvoirs publics ne feront preuve d’aucun empressement pour exécuter le ou les jugement(s) en expulsant manu militari les occupants. Ils entendent calmer le jeu sur ce site où des affrontements entre manifestants et policiers ont déjà fait un mort : Rémi Fraisse, 21 ans, tué fin octobre par une grenade offensive lancée par un gendarme.
Il n'y a pas d'urgence à évacuer, d'autant que le projet initial de construction d'un barrage de 1,5 million de mètres cubes d'eau a été enterré mi-janvier par la ministre de l'Ecologie : «Plus d'actualité», a tranché Ségolène Royal. Les experts et les services du ministère proposent deux alternatives. La première : réduire de moitié le réservoir en construisant une retenue d'eau de 750 000 m3, toujours à Sivens mais à 300 mètres en amont du projet de départ. La seconde : réaliser trois retenues collinaires, une à Sivens et deux autres plus loin. Le conseil général doit décider lors d'un débat, le 6 mars, pour quelle option il opte. Et Claire Dujardin, l'avocate des zadistes, de rappeler : «Ségolène Royal comme le préfet du Tarn se sont engagés à ne pas procéder à des expulsions d'ici là.»




