Plus de 2 millions de personnes touchées (dont 600 000 nouveaux cas pour la seule semaine dernière), un virus virulent qui provoque des surinfections pulmonaires, des malades en détresse respiratoire qui arrivent en nombre aux urgences et un système hospitalier en tension du fait de l’afflux de patients. L’épidémie de grippe, la plus importante depuis l’hiver 2009-2010, a contraint le gouvernement à déclencher jeudi soir, dans tout l’Hexagone et dans la précipitation, le plan Orsan, un dispositif conçu pour répondre à des situations sanitaires exceptionnelles.
Alerte. Ce plan permet de déprogrammer des opérations non urgentes, de renforcer les effectifs ou encore d'ouvrir des lits dans les hôpitaux sous tension. Cette décision de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, semble répondre à un communiqué publié quelques heures plus tôt par l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Dans son texte, elle alertait les pouvoirs publics «sur la situation sanitaire catastrophique des services d'urgences Samu-Smur qui doivent faire face depuis plusieurs semaines à un afflux de patients âgés présentant des décompensations respiratoires aiguës». Une situation devenue difficilement gérable selon l'Amuf, avec une «saturation des lits de réanimation» et souvent l'«absence totale de lits d'hospitalisation». Certains médecins comparent la crise actuelle à celle qu'avait connue l'hôpital pendant la canicule de l'été 2003.
Président de l'Amuf, Patrick Pelloux observe que «cette année, le vaccin n'a pas été efficace». D'où le nombre très élevé de personnes. Pour lui, il convient de s'interroger «sur la manière dont les vaccins sont mis au point».
Renforcement. Pelloux rappelle que chaque année, mine de rien, la grippe fait plusieurs milliers de morts, notamment parmi les personnes âgées ou déjà malades. Mais au-delà, c'est la gestion publique des grippes hivernales que Pelloux met en doute. «Chaque hiver, on sait qu'on va connaître une épidémie de grippe entre fin janvier et mi-mars.»
L'urgentiste considère qu'il faudrait «anticiper» en mettant en place une organisation permettant de renforcer le personnel soignant, le nombre de places en réanimation et de lits en hospitalisation. «Or, là, nous sommes dans des dispositifs de dernière minute», pointe Patrick Pelloux.




