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Libération
EDITORIAL

Absence

Publié le 08/03/2015 à 19h56

Un kit. Rien que la nature du document diffusé aux agences régionales de santé en dit long sur la méthode choisie pour faire évoluer l'hôpital. Mais celui-ci n'a pas besoin d'une trousse de survie où l'on peut piocher des solutions génériques, il réclame une réforme ambitieuse et adaptée. Notre système hospitalier n'est pas réputé pour être le meilleur, ni le plus vertueux, et le plan de l'Objectif national des dépenses de santé (Ondam) promettait à la fois qualité de soins et maîtrise des dépenses. Ce kit de déploiement régional que Libération s'est procuré aurait donc dû refléter cette double finalité. Problème : seul le paramètre des économies semble avoir été pris en compte. Comme le soulignent les experts que nous avons interrogés, la santé est la grande absente. Ce kit est d'abord un instrument comptable, technocratique qui agit de manière aveugle en se basant sur des indicateurs de performance et des objectifs économiques, comme si chaque dépense de santé fonctionnait de manière cloisonnée. Or, l'hôpital n'est pas une entreprise comme les autres : si les décisions ne sont pas réfléchies sur un plan global, chaque économie réalisée peut engendrer des surcoûts ou des dysfonctionnements majeurs ailleurs. Ce kit révèle également la tentation d'une gestion centralisée des finances hospitalières, là où les agences régionales de santé devraient plutôt adapter des mesures en fonction des spécificités locales. Dommage de se tromper autant sur le traitement quand le diagnostic semblait globalement partagé.

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