Andreas Lubitz pouvait il espérer devenir un jour commandant de bord de la Lufthansa, comme il en rêvait? Sans doute pas au regard des éléments que la presse met au jour sur la personnalité du copilote qui aurait volontairement précipité l'Airbus de Germanwings sur une montagne des Alpes, mardi, provoquant la mort de 150 personnes.
Samedi, le quotidien allemand avait publié une interview d'une hôtesse de l'air présentée comme une ancienne petite amie de Lubitz, qui renforçait la piste selon laquelle le jeune copilote souffrait de troubles psychiatriques. La jeune femme affirme que lorsqu'elle a appris la catastrophe, une phrase du copilote lui est «revenue en mémoire: "Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra»".» Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c'est parce qu'il a compris qu'à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d'un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et pilote de long courrier était pratiquement impossible», selon elle.
Un autre journal allemand, Welt am Sonntag, a affirmé que les enquêteurs ont découvert au domicile de Lubitz «de très nombreux médicaments» destinés à soigner des «maladies psychiques». Le jeune homme, «gravement dépressif», aurait souffert d'un stress important et avait été pris en charge par «plusieurs neurologues et psychiatres».
Vendredi, le parquet de Düsseldorf avait indiqué que des attestations d’arrêt maladie avaient été retrouvées déchirées chez Andreas Lubitz. Aucune lettre d’adieu dévoilant un acte prémédité à l’origine de la catastrophe n’a été retrouvée.
Selon Bild et le New York Times, le jeune homme souffrait en outre de gros problèmes de vue susceptibles de remettre en cause son aptitude à piloter.
Le général de gendarmerie Jean-Pierre Michel, présent samedi à Düsseldorf parmi une délégation française de trois personnes venue collaborer avec les enquêteurs allemands, a confirmé que la «personnalité» d'Andreas Lubitz était «une piste sérieuse» et l'acte volontaire le scénario privilégié, tout en soulignant que les autres pistes, faute involontaire ou défaillance technique de l'appareil, n'étaient toujours pas exclues.




