Dix-huit ans après le début de sa construction à Rochefort (Charente-Maritime), l'Hermione s'apprête (enfin) à prendre le large vers les Etats-Unis. Réplique de la frégate qui permit au marquis de La Fayette d'aller aider les insurgés américains en guerre contre les Britanniques en 1780, le navire quitte ce samedi les côtes françaises.
Un départ dignement fêté dans la région, où François Hollande doit se rendre pour assister à la parade prévue sur la Charente, entre l'île d'Aix et Soubise (Charente-Maritime). Projet associatif, l'Hermione a notamment été financée par la ville de Rochefort, la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. Si la traversée commence officiellement ce week-end, voilà déjà trois jours que les 75 membres de l'équipage n'ont plus posé le pied à terre. L'Hermione a quitté La Rochelle - où les dernières finitions ont été apportées - mercredi, pour trois jours de tour de chauffe non loin de la côte. La veille, la fébrilité et l'impatience étaient palpables. Quatre mois durant, la petite vingtaine de marins professionnels et tous les «volontaires» (bénévoles) vont cohabiter. Les plus hauts placés dans la hiérarchie (commandant, maître d'équipage…) ont leur propre cabine. Les autres sont répartis dans trois dortoirs, où des hamacs et des couchettes sont installés.
Manon, 21 ans, préfère le hamac. «Il suit le mouvement du roulis», dit-elle, assise dans une caisse de cordes. Mis à part le Zodiac orange qui dénote un peu, l'embarcation est visiblement une reconstitution fidèle de son modèle du XVIIIe siècle. Sous le pont principal se trouve la cantine. Là, les congélateurs sont «gavés» pour tenir jusqu'à la première escale, prévue aux Canaries dans quinze jours. Un mois plus tard, l'Hermione aura rejoint Yorktown, en Virginie, où les Américains et leurs alliés français triomphèrent des Britanniques.




