Merci, on respire. On a vraiment cru que les nouveaux dispositifs antipollution présentés mardi par le ministère de l'Ecologie allaient brasser de l'air, comme d'habitude. Mais là, non, quelle ambition ! Ségolène Royal s'appuie sur le franc succès de la pastille verte lancée en grande pompe en 2008 et abandonnée piteusement quatre ans plus tard, pour imaginer une nouvelle pastille de couleur qui classe les véhicules en fonction de leur niveau de pollution. Un dispositif dont l'application restera à la discrétion des maires qui décideront ou non s'ils la mettent en pratique. Succès garanti. Et, pourtant, il y a urgence, et pas seulement sur la question automobile. Libération a collecté et compilé de nombreuses données publiques de six grandes villes françaises pour vérifier la pollution de notre environnement direct, et les résultats ne sont pas rassurants. A toutes fins utiles, on peut rappeler que la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques se tient à Paris d'ici la fin de l'année. Et que les guerres menées par Royal contre Fabius d'un côté, ou Hidalgo de l'autre, ne vont pas favoriser l'émergence de solution globale, l'écologie restant une question de stratégie politique. Et, à la fin, la pastille risque d'être dure à avaler.
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