A Lille, la bataille de l'encadrement des loyers continue entre la municipalité et les professionnels de l'immobilier. Ces derniers, opposés à la mesure au motif qu'elle ferait peur aux investisseurs, ont déposé le mois dernier un recours au tribunal administratif. Leur objectif : faire annuler l'agrément attribué par le ministère à l'agence départementale d'information sur le logement du Nord. Un agrément qui rend obligatoire la collecte de données des loyers pratiqués, et permet d'établir les prix plafond qui serviront de référence pour l'encadrement. Le tribunal vient de rejeter le référé-suspension déposé par plusieurs organisations, renvoyant vers le Conseil d'Etat. Emmanuel Di Girolamo, le président de la Fédération nationale de l'immobilier du Nord, a indiqué vouloir «a priori poursuivre» la procédure, même si la décision finale sera prise ce vendredi. Il redoute notamment que les investisseurs ne se tournent vers la Belgique, et admet que s'attaquer à l'agrément est «un moyen de gagner du temps», dans l'espoir que la mesure finisse par être abandonnée.
A Lille, où le prix du mètre carré - en augmentation - dépasse les 13 euros, la moitié du parc locatif privé est constitué de petits logements. Des studios ou des T2, souvent occupés par des étudiants. Et si les logements familiaux sont «plus abordables», selon Audrey Linkenheld, députée PS du Nord, conseillère municipale déléguée au logement et corapporteure de la loi Alur, celle-ci souligne que la spécificité du marché lillois rend l'encadrement nécessaire.
«Troisième ville de France pour le niveau des loyers mais dix-neuvième en terme de revenus moyens des habitants», la capitale des Flandres travaille depuis déjà plusieurs années à la mise en place de la mesure. L'été dernier, quand le gouvernement avait annoncé vouloir la limiter à la seule ville de Paris, Martine Aubry, la maire socialiste de Lille, avait réaffirmé sa volonté de la mettre également en application dans sa ville, coûte que coûte.




