Depuis quelques mois, une petite reprise est observée sur le marché immobilier francilien. Des agences font état d'un «frémissement» des ventes. Cette impression de terrain est confirmée par les statistiques de la Chambre des notaires de Paris-Ile-de-France, qui recense toutes les transactions conclues dans la région : entre février et avril, elles ont progressé de 6% par rapport à la même période l'an dernier, indique une étude publiée jeudi. Avec 32 650 logements anciens vendus de février à avril, «l'activité a retrouvé un niveau identique à celui des dix dernières années (32 200 ventes en moyenne)». Selon les notaires, «le mois de mai 2015 s'inscrit dans la continuité, avec la poursuite d'une légère augmentation des ventes».
Cette amélioration du marché – dont il conviendra de vérifier sa consolidation dans les prochains mois – se manifeste surtout dans les départements de la grande couronne (Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne et Val-d’Oise), où le volume d’activité progresse de 10% (13 790 ventes conclues pendant la période). Dans les départements de la petite couronne (11 850 transactions, +2%), de même qu’à Paris (7 000 ventes, +3%), la «reprise» demeure nettement plus ténue.
Un quasi-triplement des tarifs depuis 1997
Dans la capitale, comme dans sa proche banlieue, le marché semble plombé par des tarifs exorbitants de la pierre. Ainsi, le prix moyen à Paris (7 920 euros/m²) est toujours aussi dissuasif et demeure relativement proche du record historique de 8 460 euros/m² atteint mi-2012. En trois ans, la baisse des prix s’est limitée à 6,5% : pas suffisant pour «resolvabiliser» les acquéreurs écartés du marché par une flambée de la pierre qui s’est soldée par un quasi-triplement des tarifs depuis 1997. Ceux qui rêvent même d’une mansarde dans la capitale devront encore attendre pour espérer des tarifs plus abordables. Même chose dans la petite couronne, où les prix moyens de l’immobilier sont de 5 160 euros/m² dans les Hauts-de-Seine, 4 110 euros dans le Val-de-Marne et de 3 140 euros en Seine-Saint-Denis. Il faut s’éloigner de plusieurs dizaines de kilomètres du centre de la capitale pour trouver des prix inférieurs à la barre de 3 000 euros : Essonne 2 560 €/m², Seine-et-Marne 2 580 euros, ou encore Val-d’Oise 2 630 euros.
Les acquéreurs qui parviennent à rester dans le marché raclent les fonds de tiroirs, se font aider (quand c’est possible) par leurs proches et tentent de négocier les meilleurs taux auprès des banques. Mais ce dernier levier devient plus difficile à activer. Depuis plusieurs semaines, les taux amorcent une légère remontée. Elle pourrait être fatale à la petite reprise de l’immobilier observée depuis le début de l’année, car des taux plus élevés rendent l’immobilier plus cher.




