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Cazeneuve entend verrouiller Calais

Le ministre de l'Intérieur, aux côtés de son homologue britannique, a annoncé un renforcement des mesures pour contrer les migrants.

Bernard Cazeneuve et Theresa May, ministres de l'interieur Francais et Britannique à l'entrée du tunnel sous la manche, ce 20 août. (Photo Albert Facelly)
ParStéphanie Maurice
LILLE, de notre correspondante
Publié le 20/08/2015 à 18h18

Ce jeudi, à Calais, les deux ministres de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve pour la France, Theresa May pour l’Angleterre, ont annoncé un renforcement de la coopération entre les deux pays, pour contrer le passage illégal des migrants. Avec deux mesures phare: une sécurisation encore accrue du tunnel sous la Manche, et un commandement coordonné des forces de police française et britannique dans la lutte contre les passeurs. Deux hauts fonctionnaires, un pour chaque pays, superviseront les actions en commun, en facilitant les échanges d’information. Eurotunnel se verra doté d’un nouveau centre de contrôle, avec surveillance des voies ferrées qui mènent au tunnel sous la Manche, caméras de vidéosurveillance, moyens de détection à l’infrarouge et projecteurs.

Les deux ministres se sont affichés sur le site d'Eurotunnel, serrant la main aux gendarmes et policiers français, ainsi qu'aux fonctionnaires britanniques chargés du contrôle des frontières de ce côté-ci de la Manche. Tout un symbole, quand, en contrebas, les camions embarquaient sur les navettes réservées au fret. Là, où toutes les nuits, les migrants tentent l'aventure du passage, en s'accrochant aux rames. S'ils avaient baissé les yeux, ils auraient aperçu les bassins de rétention où un jeune migrant, Moussa, 17 ans, est mort noyé. Bernard Cazeneuve s'est félicité d'avoir «réduit considérablement le nombre d'intrusions ces derniers jours». Depuis le blocage du tunnel par les marins de My Ferry Link, en grève fin juin, et le pic de tentatives en juillet (2 000 en un soir, selon Eurotunnel), la sécurité du périmètre a été renforcée : désormais, 700 vigiles, policiers et gendarmes surveillent les 650 hectares d'Eurotunnel, cernés de 22 kilomètres de barrières. Une partie d'entre elles a été offerte par les Anglais. Aux endroits les plus stratégiques, ce ne sont pas moins de cinq rangées de hautes grilles que les candidats à l'exil doivent franchir. En tout, à Calais, 1 300 policiers français sont déployés, dont 500 en renfort. Bernard Cazeneuve a montré sa fermeté face à ce qu'il appelle un «défi sécuritaire». «Les passeurs doivent savoir qu'ils seront identifiés, rattrapés et jugés. Il n'y a pas de passage possible à Calais», a-t-il martelé. Ce qui n'est, pour l'instant, qu'une simple déclaration d'intention.

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