Menu
Libération

La France prête à accueillir 24 000 réfugiés

Le président de la République a présenté lundi les nouvelles mesures migratoires pour les deux années à venir.

Publié le 07/09/2015 à 19h36

Une crise «grave» et «dramatique», mais qui peut être «maîtrisée». François Hollande a annoncé lundi, lors de sa conférence de presse semestrielle, que la France accueillerait au cours des deux prochaines années 24 000 demandeurs d'asile arrivés en Italie, en Grèce ou en Hongrie. Le Président répond ainsi favorablement à la proposition de la Commission européenne d'un mécanisme «permanent» et «obligatoire» de répartition des candidats à l'asile, qui, chaque jour, traversent la Méditerranée vers l'Europe. On compte, depuis le début de l'année, plus de 360 000 migrants dans cette situation, parmi lesquels une majorité de réfugiés potentiels. Bruxelles espère mettre en œuvre au plus vite une forme de solidarité européenne.

Répartition. Actuellement, les pays de première ligne (Italie, Grèce, Hongrie), ainsi que l'Allemagne, accueillent la plus grande partie de ces hommes et femmes fuyant la Syrie, l'Irak ou l'Afghanistan. Rien que ce week-end, 20 000 personnes sont arrivées outre-Rhin. La France, de son côté, est loin d'être débordée. Elle se prépare à recevoir cette année 60 000 demandes d'asile, un niveau stable par rapport à 2014. C'est pour cette raison que François Hollande a annoncé avoir proposé à Angela Merkel de récupérer «un millier» de personnes arrivées en Allemagne ces derniers jours. L'effort de répartition sera-t-il suffisant ? Pas sûr : le projet de la Commission européenne concerne 120 000 réfugiés potentiels, en deux ans. Assez loin des 417 000 demandes d'asile déposées dans les 28 pays membres de l'UE au cours du premier semestre. Hollande continue à effectuer une très nette distinction entre les migrants «relevant du droit d'asile» et ceux ayant «d'autres objectifs», c'est-à-dire qui fuient la misère et non la guerre. «On peut les comprendre mais on ne peut pas les recevoir», selon le chef de l'Etat, qui a annoncé la tenue, à Paris, d'une conférence internationale sur les réfugiés dont la date reste à préciser.

«Tri». Les prochaines négociations entre partenaires européens devraient se focaliser sur la création de «centres d'enregistrement» aux frontières de l'UE. Ces hotspots seront chargés d'effectuer le «tri» entre les migrants que l'Europe accueille et ceux qui seront «raccompagnés». «C'est parce que nous aurons cette capacité à faire la distinction que nous pourrons maîtriser» les flux, d'après Hollande. Faute de parvenir à mettre en place ce «mécanisme d'ensemble», le système «explosera», a prévenu le Président, pointant le risque de disparition des frontières de Schengen.

Pour faire face à l’arrivée de ces 24 000 personnes, le ministre de l’Intérieur réunira, le 12 septembre, les maires désireux de participer à leur accueil. Un préfet sera chargé de coordonner ce travail au plan national. L’hébergement dans des structures adaptées sera l’enjeu majeur. L’Intérieur estime qu’un délai de deux mois sera nécessaire pour que ces arrivants puissent accéder au statut de réfugié.

Dans la même rubrique