Ce dimanche soir, c’est le branle-bas de combat au 113 Canebière. La trentaine de mineurs qui vit ici transporte tentes, matelas et de quoi se tenir chaud à une centaine de mètres, un peu plus haut sur la célèbre artère marseillaise. Ce soir, c’est dehors, sous le kiosque à musique de la Place des Réformés, que les jeunes passeront la nuit, et toutes les suivantes. «On a décidé de sortir pour se rendre visible. Jusqu’à ce qu’une solution pérenne d’hébergement soit proposée à ces jeunes. Ils ne veulent ni hôtel pour quinze jours ni des nuits en gymnase», précise Jeanne, du Collectif 113, qui avec d’autres militants a ouvert ce squat en février pour mettre à l’abri des mineurs non accompagnés (MNA) non pris en charge par les services du département des Bouches-du-Rhône.
Le 113 appartient à l’établissement public foncier qui aurait pour projet d’en faire des bureaux pour la Métropole. Le début des travaux est prévu pour mars. Il y a une dizaine de jours, le collectif a appris que l’expulsion du 113 et du bâtiment attenant le 115, lui aussi ouvert au squat par d’autres collectifs pour une vingtaine de MNA à la rue, était imminente. «On a commencé à déménager les affaires vers un autre lieu, pour maîtriser notre expulsion, mais pour les nuits à venir notre lieu de vie sera dehors», souligne Jeanne. Les jeunes ont acté cette décision en assemblée générale. «On n’a pas le choix, il faut défendre nos droits», explique Amara, 17 ans, originaire de Guinée.




