Il flotte sur le Vieux-Port, Noël approche et les fabricants de santons attendent le chaland dans leurs petites cabanes en bois colorées posées à touche-touche sur le quai. C’est à peu près comme ça depuis 1803. «Malgré les guerres, les pandémies et les mouvements sociaux, cette foire se tient chaque année depuis 223 ans ! Un miracle», s’extasie Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Plus qu’une curiosité, comme le marché de Noël qui propose son vin chaud sur la Canebière, la foire aux santons attire, selon ses chiffres, 400 000 personnes par an - «mieux que l’OM» -, une cohorte de mordus de la Nativité qui viennent comparer les modèles, s’extasier sur les détails de coloris des vêtements ou se tenir au courant des nouveautés. Car il y en a quand même pour ce loisir de niche figé dans l’argile depuis la fin du XVIIIe siècle et l’invention du santon dans le quartier marseillais du Panier, à deux pas de la foire.
Décontraction apparente
L’activité se porte bien. On compte une trentaine de fabricants professionnels de santons de Provence. Depuis le Covid, ils font état d’un retour en grâce des crèches et des clients. Trois ou quatre enseignes atteignent le million d’euros de chiffre d’affaires annuel, derrière le fabricant Escoffier, leader incontesté avec 3 millions de rentrées, qui vend aussi à l’international. «Nous avons un style qui plaît», sourit Bruno, le vendeur d’Escoffier. Malgré la décontraction apparente, l’enjeu est élevé et il ne f




