Après Shein, Aliexpress, eBay, Temu ou encore Wish, la lutte contre les contenus illicites en ligne se poursuit. La haute-commissaire à l’Enfance a annoncé ce dimanche 16 novembre avoir saisi l’Arcom, régulateur du numérique, constatant que des profils actifs sur Vinted utilisent la plateforme de vente d’occasion comme un relais vers des contenus pornographiques ou érotiques. Ces procédés illégaux ont été révélés cette semaine dans un article du média en ligne l’Informé.
Sarah El Haïry, qui s’est exprimée sur France 3 sur le sujet, précise que «des prédateurs» utilisent ainsi des ventes d’objets «assez classiques» sur Vinted pour ensuite «renvoyer vers des sites pornographiques». Ces vendeurs ou vendeuses proposent par exemple des maillots de bain ou de la lingerie, mais les photos servent en réalité de produit d’appel pour leurs comptes sur des sites, comme Onlyfans ou Mym, aux contenus sexuellement explicites vendus sur abonnement.
Vinted est en théorie «destiné à être utilisé par des personnes de plus de 18 ans», selon ses conditions d’utilisation, mais aucune mesure de vérification de l’âge n’en filtre l’accès. Par ailleurs, la loi oblige depuis 2024 les sites hébergeant de la pornographie à vérifier l’âge des utilisateurs, sous peine de sanctions allant jusqu’au blocage.
Vinted assure avoir une «tolérance zéro»
«La protection des enfants en ligne ne peut souffrir d’aucune faille», avait réagi, dès vendredi, Sarah El Haïry sur le réseau social X. Ce dimanche, la haute-commissaire, interrogée à propos de divers géants du commerce en ligne signalés à la justice pour avoir commercialisé des produits illégaux ou pour ne pas avoir respecté leur obligation de filtrage d’images à caractère sexuel, a répété que les plateformes avaient «des responsabilités».
A lire aussi
Contactée par l’AFP, Vinted a répondu avoir «une politique de tolérance zéro concernant les communications non sollicitées à caractère sexuel ou la promotion de services sexuels» et prendre «ces situations très au sérieux». «Selon nos règles du catalogue, la promotion de services sexuels est interdite», a poursuivi l’entreprise, qui dénombrait en 2023 «plus de 23 millions de membres enregistrés» en France.
«Nous disposons d’outils de détection proactive pour identifier les comportements suspects, tels que les propos inappropriés, et nous encourageons toute personne ayant constaté un contenu préoccupant à le signaler», a encore déclaré l’entreprise, créée en 2008 et basée en Lituanie. «Tout contenu inapproprié, haineux ou illégal sera supprimé» et «nous prenons des mesures contre les utilisateurs, y compris des exclusions définitives, si nécessaire», a-t-elle conclu.




