Menu
Libération
Poursuites

Après son appel à «organiser des grandes rafles» pour «se débarrasser» des étrangers, Arno Klarsfeld est visé par une enquête

Le parquet de Paris a engagé des poursuites, mardi 10 février, à la suite des propos tenus par le fils des chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, sur la chaîne CNews.

Le juriste franco-israélien Arno Klarsfeld participe à une conférence sur l'antisémitisme à Jérusalem, le 27 mars 2025. (Menahem Menahem/AFP)
Publié aujourd'hui à 12h32

La séquence avait fait l’objet de plusieurs signalements à l’Arcom, et suscité une large indignation. Fin janvier, sur le plateau de CNews, Arno Klarsfeld déclarait : «Si on veut se débarrasser des OQTF [personnes visées par une obligation de quitter le territoire français, ndlr], il faut organiser comme fait Trump avec l’ICE des sortes de grandes rafles un peu partout». En réaction, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête ce mardi 10 février, «à la suite d’un signalement des propos par un député de Charente», fait savoir le procureur à l’AFP. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

Déjà visé par une procédure disciplinaire du Conseil d’Etat

Ces propos, tenus par le juriste de 60 ans et fils du couple Klarsfeld qui lutta contre l’impunité des anciens nazis et fonda une association pour défendre les Fils et Filles de déportés juifs de France, lui ont également valu une procédure disciplinaire du Conseil d’Etat. Au siège de l’institution depuis 2010, Arno Klarsfeld encourt une sanction qui peut aller de l’avertissement jusqu’à la radiation, en passant par le blâme et une suspension temporaire de la juridiction.

Face aux critiques suscitées par sa sortie xénophobe, le juriste avait tenté de se défendre sur X : «Sur le mot rafle, il suffit de se rapporter au dictionnaire et ce n’est pas la même chose d’arrêter des étrangers qui ont commis des crimes et de les renvoyer éventuellement chez eux que de s’emparer d’enfants juifs et de les envoyer à Auschwitz où ils seront gazés». «C’est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF» (Obligation de quitter le territoire français), avait notamment déclaré Arno Klarsfeld lors du même débat.

Plusieurs des déclarations d’Arno Klarsfeld avaient déjà choqué pour leur caractère xénophobe. Il avait notamment pointé, dans un entretien à la Voix du Nord, en janvier 2012 les Roms qui «vivent avec huit enfants dans une pièce, lorsqu’on n’a qu’une pièce, on ne fait pas huit enfants !». En mars de la même année, il s’était également prononcé pour la construction d’un mur de 130 km entre la Grèce et la Turquie pour bloquer les immigrants illégaux. A de nombreuses reprises, il a aussi apporté son soutien au Rassemblement national, assurant qu’il aurait voté pour le parti d’extrême droite en cas de deuxième tour avec La France insoumise aux dernières législatives, considérant dans l’Express, qu’aujourd’hui, c’est La France insoumise «qui est d’extrême droite».

A la suite de ses déclarations sur CNews, Arno Klarsfeld a de son côté porté plainte pour «incitation à la haine», dénonçant des «centaines de tweets abjects» le visant à la suite de son intervention.

Dans la même rubrique