Avertissement : cet article décrit des violences sexuelles et peut choquer.
Il y a un peu plus d’un an, Saint-Ellier-les-Bois jouissait de la quiétude des bocages normands. Dans cette commune de près de 250 habitants de l’Orne, posée entre des champs verdoyants en contrebas d’une colline, on célèbre les soldats de la Seconde Guerre mondiale : des drapeaux français et américains flamboyants ornent un monument en mémoire de Paul Chaufty, pilote américain de P-47, tombé près du bourg en août 1944. Le silence s’y est certes fait plus pesant au fil du temps. La population baisse, l’école primaire a fermé pour de bon à la fin de l’été 1991 et le club de foot n’a pas survécu non plus. Tout ceci fait dire à Yvonne (le prénom a été modifié), sexagénaire née dans le village, que les cloches de l’église résonnent parfois trop fort dans les ruelles vides. «Quand j’étais ado, il y avait une vingtaine de gamins qui couraient dans le bourg. Désormais, il n’y a plus que des vieux et des chats», regrette cette résidente.
La nuit du 11 au 12 janvier 2025 a fait basculer le village dans le vacarme du XXIe siècle. Le maire Edgar Moulin, 59 ans à l’époque, a été victime d’un cambriolage d’une extrême brutalité – un «home-jacking». Les cris et les sirènes de gendarmerie ont transpercé la nuit bleue et réveillé une partie des habitants. L’audience qui s’est tenue au tribunal correctionnel d’Alençon le 8 janvier 2026 a livré le détail de la violence qui s’est abattue sur l’édile,




