Il n’aura fallu que quelques heures à Dany Soreau pour basculer d’un sentiment de déjà-vu à l’impression d’assister à un affolant moment d’histoire. A la vue des premières fumées puis des premiers camions de pompiers, peu après 13 heures lundi, cette habitante de Clefs-Val d’Anjou, au nord-est d’Angers, croit d’abord à un «petit incendie», comme cette région forestière et rurale du Baugeois en connaît parfois.
Mais rapidement, les détonations en rafales venues de l’ancien camp militaire voisin de Beauregard, où sont disséminés d’anciens obus et munitions de la Seconde Guerre mondiale, trahissent la gravité de la situation et la progression des flammes. «Ça n’arrêtait pas de péter. Lundi soir, le ciel était devenu rouge, on ne respirait plus», raconte la sexagénaire, bénévole en gilet orange dans la salle des fêtes du village, transformée en réfectoire pour les pompiers entre deux déploiements.
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«On a beau savoir que la sécheresse est dramatique et le risque plus élevé qu’avant, on se dit toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Ce genre d’images, on ne les voit normalement qu’à la télé. Et là d’un coup, vous les prenez en plein dans les yeux», ajoute-t-elle, assise près d’un grand congélateur rempli de glaces artisanales apportées par un commerçant du coin. Dehors, le thermomètre flirte avec les 35 degrés à l’ombre.
«L’incendie d’une vie»
Fixé depuis mercredi soir, le feu de la forêt de Pugle a mobilisé jusqu’à 660 pompiers et ravagé plus de 1 400 hectares. Du jamais vu pour le dép




