L’armée recrute. La feuille accolée sur la porte du centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) de Saint-Denis le martèle. Mais devant le bâtiment de briques situé à quelques encablures du centre de la ville de Seine-Saint-Denis, les troupes sont peu nombreuses, au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron d’un nouveau service national volontaire de dix mois. Seulement quelques jeunes, qui souhaitent eux un contrat à plus long terme, avaient rendez-vous pour un entretien. Au cœur de leur démarche, l’envie de trouver un boulot face au marasme économique.
Salomon, lui, est d’abord venu se renseigner. Le jeune homme de 22 ans, résident de la commune voisine de Saint-Ouen, patiente depuis de longues minutes dans le froid quand les portes s’ouvrent. Il est 9 heures. La veille, il s’est fait licencier par son ancien employeur, la RATP. S’il pousse le




