Sur le pont de Chalonnes-sur-Loire, les curieux s’agglutinent contre la rambarde, téléphones levés pour immortaliser la Loire, boueuse et furieuse. Gonflé par des semaines de pluie, le fleuve roule un débit déchaîné, charriant troncs et nappes d’écume. De l’autre côté commence l’île de Chalonnes, la plus vaste et habitée de la Loire. Mais ici, la terre, les routes et les repères ont été engloutis : seules les maisons émergent encore, posées sur l’eau comme des silhouettes calmes dans un monde soudain devenu liquide.
L’île de Chalonnes, qui s’étire sur plus de dix kilomètres jusqu’à Montjean-sur-Loire, abrite d’ordinaire quelque 350 habitants, une cinquantaine de hameaux, trois fermes, des bovins, des moutons, une vie à part entière. Malgré l’ordre d’évacuation émis ce vendredi, ils étaient encore, à la nuit tombée, entre 80 et une grosse centaine à avoir choisi de rester. Des familles, des anciens, des convaincus.
Analyse
Les autorités ont pourtant tout fait pour les convaincre de partir. Toute la semaine, la municipalité a échangé avec les îliens, représentés no




