Lorsqu’il s’est extrait des limbes du coma, après quatre semaines dans le noir, elle était là, devant lui. «Tu sais qui je suis?» lui susurre-t-elle. «Ma meuf», rétorque alors Christian Lantenois. «Il ne m’avait jamais appelé comme ça, sourit aujourd’hui «Jo», ancienne décoratrice d’intérieur et sa compagne depuis 45 ans. Sur le coup, j’étais follement heureuse qu’il me reconnaisse, mais quand même “ma meuf”, ça fait bizarre.»
Aujourd’hui, ils sont de nouveau ensemble, par la grâce d’un miracle quasi divin, dans leur bel appartement du centre de Reims. Le 27 février au soir, personne ne croyait plus à la survie du photoreporter de 65 ans, violemment agressé à la Croix-Rouge, un quartier populaire de la cité champenoise. La profession a même cru tenir son premier mort depuis des lustres sur le sol français. Pour les sources sécuritaires menant l’enquête, Christian Lantenois n’était plus qu’«enfoncement facial», «hémorragie», «urgence vitale».




