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Reportage

«Comme si ma mère n’était qu’un numéro» : au cimetière musulman de Bobigny, le combat pour l’inhumation de son ancienne gardienne

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Zoubida Douhi et son mari Ramdane, mort en 2009, ont veillé pendant trente ans sur ce lieu d’exception. Depuis son décès, le 5 janvier, ses filles se battent pour qu’elle y soit enterrée, conformément à ses dernières volontés.

La fille (Souad, à droite) et la petite-fille de Zoubida Douhi, au cimetière musulman de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 10 janvier 2026. (Cha Gonzalez/Libération)
Publié le 11/01/2026 à 17h40

Zoubida Douhi avait 76 ans, elle aimait les grandes tablées et préparait son pain, une «bombe atomique». Pendant trente ans, avec son mari Ramdane Douhi, ils furent gardiens du cimetière musulman de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Lui organisait les funérailles, elle préparait le thé. Il leur arrivait d’ouvrir les portes le soir tard pour des familles dans la peine, venues de loin.

Chaque 11 novembre et 8 mai, ils célébraient les soldats morts pour la France, enterrés dans le carré militaire à cailloux blancs. Ramdane Douhi, mort en 2009, a même reçu l’ordre national du mérite en 1997, pour service rendu. Sur la photo encadrée, le couple pose avec leurs cinq filles et des sourires timides. Décédée lundi 5 janvier, Zoubida Douhi ne s’imaginait pas ailleurs que sous la terre de ce cimetière. C’était sans imaginer le refus du syndicat intercommunal, gestionnaire du site. Plus de place, à moins d’avoir un caveau familial. La famille Douhi se bat, à bout de nerfs.

«Personne n’a même pris la peine de nous appeler ou de nous recevoir. Comme si ma mère n’était qu’un numéro.» Souad Douhi, l’aînée, est aussi extravertie que la petite, de 25 ans sa cadette, est réservée. Swassen préfère écrire. Dans son courrier au syndicat intercommunal, elle formule ainsi : «Refuser à Mme Zoubida Douhi le droit de reposer dans ce cimetière reviendrait à nier l’histoire vivante du lieu et l’engagement de celles et ceux qui l’ont fait vivre pendant des décennies.» Elles en sont toutes c

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