On dit que tous les habitants du quartier le connaissaient, de loin. Le soir, El Hacen Diarra aimait sortir de sa chambre, porte 621 du foyer des Mûriers dans le XXe arrondissement de Paris, pour prendre l’air, fumer une cigarette et boire son café sur un petit muret, juste en face de la résidence sociale. La soirée du 14 janvier n’aurait pas dû être différente des autres pour ce Mauritanien de 35 ans, mais cette fois-ci, El Hacen Diarra a subi un contrôle policier, avant d’être plaqué au sol, d’essuyer un coup de taser, puis d’être embarqué. Quelques heures plus tard, son décès est constaté sur les bancs du commissariat, à la suite d’un arrêt cardiorespiratoire.
Dans l’étroite rue Fernand-Léger, ce dimanche, l’incompréhension règne. Des affiches sont accolées sur les murs et les arbres, à la recherche de témoins qui permettraient de comprendre ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Les mines graves affluent petit à petit vers le rassemblement organisé à la hâte en son honneur, devant son muret. Le trottoir ne suffit pas et très vite, des centaines de personnes se déploient sur tout




