Nicolas a noué sa tenue d’apiculteur autour de la taille. L’après-midi est avancé, c’est l’heure de goûter son hydromel, douce liqueur fabriquée à base de miel produit chez lui, à Pélissane, tout près d’Aix. Il en a transporté quelques bouteilles pour compléter le buffet où l’on picore des amandes, des tomates cerises, des olives et toute une gamme de rouge Coteaux d’Aix. Tout le «terroir de Provence», installé ce vendredi encore en plein milieu des voies de l’A54, au niveau de Salon-de-Provence.
La préfecture des Bouches-du-Rhône a fait fermer une portion de voie depuis que, la veille, des agriculteurs du coin y ont installé leur QG. Un frigo vient d’arriver, plein à craquer de saucisses et viande de Camargue, avec du ketchup de Julie made in Puyricard. Le brasero géant fume encore de ce midi et devrait chauffer à nouveau ce soir, «parce qu’on est parti pour durer», prédit déjà Nicolas. Juste en face du buffet, des bottes de foin sont recouvertes d’un drap blanc. Un écran de fortune, qui pourrait servir à projeter, via un ordinateur, le message de Gabriel Attal. Le Premier ministre doit arriver dans moins d’une heure maintenant auprès des agriculteurs de Haute-Garonne.
Billet
«Légumes ! Espagne !»
En attendant, on s’occupe. Un groupe est parti se poster avec des tracteurs en contrebas, le long de la D113 où sont déviés les véhicules de l’autoroute. Les deux sens sont filtrés pour repérer d’éventuels transporteurs de marchandises étrangères. Au bord de la route, des tas de laitues fracassées témoig




